NOTA 131 cours 4 

Ce Nota, est particulièrement technique et scientifique. Le naturopathe-hygiéniste ne devra pas s'en formaliser ou avoir une réaction de rejet. Cette partie n'est pas indispensable au cours, mais elle est proposée à destination des personnes qui souhaitent bénéficier d’une approche très pointue et scientifique.

Les vitamines liposolubles sont au nombre de 4 : A, D, E, K.

Comme on l'a vu, elles sont stockées et absorbées en même temps que les graisses dans les tissus adipeux (principalement vitamine D et vitamine E), on en trouve également en quantité importante dans le foie (vitamine A).

Leur capacité à être accumulée par l’organisme entraine un risque de toxicité en cas de surdosage.

Vitamines A ou rétinol, la notion de vitamine A recouvre tous les composés présentant une structure ou des propriétés similaires à celles du rétinol. Malgré une structure chimique proche, leurs fonctions servant de base à l’activité de la vitamine A sont très diverses. Le rétinol est formé d’un noyau β-ionone sur lequel se greffe une chaîne composée de deux unités isopréniques portant une fonction alcool terminale.

 

L’oxydation en rétinaldéhyde ou en acide rétinoïque conduit aux composés biologiquement actifs. L’estérification de la fonction alcool par un acide gras, (majoritairement par l’acide palmitique) produit des esters de rétinol qui constituent la forme de stockage de la vitamine A dans l’organisme.

 

Seuls les tissus animaux contiennent naturellement du rétinol ou ses dérivés. On le distingue du terme rétinoïde, qui comprend l’acide rétinoïque et ses dérivés d’origine synthétique et exogène et qui ne possède pas tous les effets de la vitamine au niveau de l’organisme (pas d’effet sur la spermatogenèse et le cycle visuel).

 

La vitamine A, directement ou par l’intermédiaire de ses métabolites, participe à la régulation de la croissance, à la différenciation de cellules et de tissus très divers. Les différents dérivés présents dans l’organisme possèdent des modes d’action différents :

 

 - Le rétinol est la forme de transport et le produit métabolique intermédiaire. Il est soit d’origine animale, soit formé à partir de pigments végétaux (comme le bêtacarotène).

 

- Le rétinal est indispensable dans la chimie de la vision, la vitamine A améliore l’acuité visuelle. Elle permet la perception des couleurs, des formes et l’adaptation à l’obscurité.

 

- L’acide rétinoïque (cis-trans) possède un effet important sur la prolifération et la différenciation de certains tissus (l’épithélium respiratoire, la muqueuse intestinale, la peau, certaines cellules tumorales et embryonnaires). C’est donc un élément important de l’intégrité des barrières, épithélium et muqueuses et il participe à la régulation de 500 gènes.

 

En parallèle, il inhibe certains promoteurs tumoraux. Cette vitamine joue un rôle dans le bon fonctionnement des défenses immunitaires, elle intervient sur la différenciation des cellules immunitaires, participe à la réponse antigènes/anticorps et intervient sur la médiation des cytokines.

 

De plus, l’acide rétinoïque joue un rôle dans la formation des jonctions serrées intercellulaires et régule l’expression des protéines constitutives des jonctions serrées (occludine et claudine).

 

Ces jonctions serrées, situées au niveau du pôle apical de la cellule épithéliale, jouent un rôle fondamental dans le maintien de la fonction de filtre sélectif de l’épithélium évitant ainsi aux molécules de l’alimentation de pénétrer directement dans l’organisme.

 

- Les esters de rétinol sont la forme de stockage de la vitamine dans le foie principalement, mais aussi la rétine, les testicules et les poumons.

 

Quant aux dérivés glycuronoconjugués, ils représentent la forme d’élimination mais possèdent aussi un effet biologique sur la croissance et la différenciation in vitro. En bref, une consommation suffisante de vitamine A est essentielle :

 

- au maintien d’une bonne vision (particulièrement la vision nocturne) ;

 

-  à l’intégrité de la peau et des muqueuses ;

 

-  à la spécialisation cellulaire ;

 

- au fonctionnement normal du système immunitaire (elle contribue à prévenir les infections en renforçant les barrières physiques comme la peau et en augmentant la production et l’efficacité des cellules immunitaires comme les lymphocytes).

 

Carences : L’hypovitaminose A est l’un des problèmes de santé publique majeurs dans les pays en voie de développement. Elle est caractérisée par des atteintes de la sphère oculaire telle qu’une héméralopie (perte de la vision nocturne ou crépusculaire) puis une xérophtalmie typique avec sécheresse et atrophie de la cornée conduisant à son opacification puis à la cécité irréversible.

 

Cette atteinte peut s’accompagner de signes cutanéomuqueux (hyperkératose, desquamation et ulcération de la muqueuse digestive) et d’une baisse sensible des défenses immunitaires.

 

Les besoins.

Les recommandations d’apport varient selon l’âge et les situations, pour un adulte, les besoins quotidiens sont de 800 µg pour l’homme et 600µg pour la femme.

 

Pendant la grossesse et l’allaitement, les besoins sont accrus. Les doses de vitamine A sont exprimées en µg de rétinol ou en équivalent rétinol (ER) (1µg = 1 ER).

 

Pris en complément, le rétinol est contre indiqué en cas de grossesse.

 

La consommation à doses élevées peut provoquer des malformations chez le fœtus. Un excès de rétinol (mais pas de carotène) peut conduire à l’hypervitaminose A, dont les symptômes sont des céphalées, des vomissements, une hypertension intracrânienne, des vertiges et une desquamation cutanée massive (pour des doses de 30 000 µg/j).

 

Une consommation prolongée d’environ 7 500µg/jour peut se manifester par des signes cutanés et des troubles hépatiques sévères.

 

Sources alimentaires : La vitamine A préformée c’est-à-dire sous forme de rétinol n’existe que dans les produits animaux tels que les foies et huiles de foies de poissons qui sont très peu consommés en France.

 

Une consommation de 5-10g de foie par jour suffit à couvrir les besoins quotidiens. Les produits laitiers gras et le beurre (720 ER aux 100g) apportent la majorité de la vitamine A.

 

Les caroténoïdes pro vitaminiques A tel que le β-carotène sont présents dans les végétaux (carotte : 1500 ER aux 100g, abricot, melon, mangue, épinard, bette, brocolis, poireaux…) et dans quelques produits animaux comme le beurre ou les œufs (200 ER aux 100g). Cette vitamine est stable à la cuisson. (Source Hall archives ouvertes.)                                                                                                               

Fin du Nota.                      

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