NOTA. 155           cours 4                                                                                                                                                  

Quand vous lisez « Magnésium » dans un tableau de valeur nutritionnelle d’un complément alimentaire, d’un produit alimentaire ou diététique, cette valeur se réfère à la quantité de Magnésium dit « élément » présent dans le produit. 

 

Or pour que celui-ci soit incorporé dans le produit fini, il est nécessaire d’associer l’ion Magnésium (Mg2+) à un autre ion (par exemple Chlorure Cl-) pour former ce que l’on nomme un « sel de Magnésium ».

 

 A ne pas confondre avec le sel de table, même s’il s’agit en l’occurrence de Chlorure de Sodium (Cl- + Na+ -> NaCl).

 Sous l’effet de l’acidité de l’estomac, ces sels vont alors être dissociés, pour ensuite être assimilés par les cellules de la muqueuse intestinale (les entérocytes) et pénétrer ainsi l’organisme.

 

Cette notion de nature de « sels » est essentielle pour déterminer l’efficacité du complément alimentaire. 

 

En effet : l’ion associé au minéral concerné peut jouer un rôle spécifique, notamment dans l’équilibre acido-basique. Ainsi les ions Chlorure possèdent un effet acidifiant alors que les ions bicarbonates, malates et citrates ont un pouvoir alcalinisant. Ils sont en effet dégradés par le métabolisme énergétique et permettent ainsi d’éliminer des ions H+ de l’organisme, générateurs d’acidité, via la production de CO2 rejetée par les poumons.                                        

 

 

La solubilité et la biodisponibilité des sels varient en fonction de leur nature : ces deux points déterminent la bonne assimilation par l’organisme des minéraux liés à ces sels.

 

Voici pour information les principaux sels utilisés dans les compléments alimentaires : chlorure, citrate, gluconate, glycérophosphate, pidolate, carbonate, malate, lactate, aspartate, sulfate, hydroxyde, oxyde, etc.

 

Ils sont identifiables dans la liste des ingrédients sous la forme « X de magnésium » ; X étant le nom de l’ion utilisé : par exemple « chlorure de Magnésium. 

                                                                 

De la nature de ces sels découle la façon dont sont assimilés les minéraux par l’organisme. Il peut s’agir :

 

- D’une forme métallique ou inorganique : oxyde, hydroxyde ou chlorure par exemple. D’une manière générale, il s’agit de formes mal assimilées par l’organisme et à l’effet acidifiant. Ils sont très utilisés dans les compléments alimentaires de première génération du fait de leur densité importante, permettant ainsi d’apporter beaucoup d’éléments Magnésium sous un faible volume, dans une gélule par exemple. C’est également ce qui explique leur faible solubilité et assimilation, donc leur faible efficacité.                                                                                 

 

Exception faite pour le chlorure de magnésium qui possède une biodisponibilité élevée, mais reste cependant acidifiant.

D’une forme organique : citrates, malates, lactates, pidolates ou aspartates par exemple. Il s’agit ici d’une forme dans laquelle les minéraux sont couplés à des substances organiques, comme ils peuvent l’être naturellement dans les aliments. C’est un des principaux arguments mis en avant, avec le principe de la dynamisation, pour justifier l’efficacité de certains ingrédients naturels, malgré de faibles teneurs en minéraux précise Anthony Berthou.

 

La spiruline en est un exemple. Globalement, les formes organiques sont bien assimilées, mais présentent des effets très différents en fonction des sels. Les citrates ou les malates sont par exemple des formes aux propriétés désacidifiantes.

A l’inverse, le lactate (utilisé dans le produit MagnéB6) est très consommé malgré un effet acidifiant via une production accrue d’acide lactique. Le lactate est par ailleurs utilisé par les chercheurs sur les rats pour provoquer un état expérimental d’anxiété alors que l’aspartate (utilisé dans le Mégamag) est purement et simplement un neuro-excitateur précise Anthony Berthou !

D’une forme « amino-complexée » ou « chélatée » : les minéraux sont ici associés à des acides aminés ou à des peptides pour faire appel à des voies d’absorption intestinale différentes des formes métalliques ou organiques : on peut ainsi citer les bisglycinates, utilisés notamment pour apporter du Magnésium, du Fer ou du Cuivre précise Anthony Berthou 

Une étude a étudié les effets d’une cure de 400mg de Magnésium pendant 28j chez 20 adultes : le sulfate de Magnésium a généré des diarrhées dans 96% des cas, contre seulement 7% avec l’utilisation de glycérophosphate. Cette forme de Magnésium liposoluble présente l’intérêt d’être bien assimilée et bien tolérée.

Le chlorure de magnésium est régulièrement utilisé pour stimuler l’immunité en cas d’infections : il semblerait en effet selon les travaux du Pr Pierre Delbet que les ions chlorure, utilisés à une concentration de 20g/l en prise régulière toutes les 6 à 8h, aient une action antibactérienne, une action acidifiante permettant d’altérer le développement des pathogènes et une action laxative permettant d’empêcher le développement des souches pathogènes au niveau de la flore intestinale précise Anthony Berthou.

 

Le Nigari est une forme naturelle de chlorure de magnésium, issu d’eau de mer et proposé sous forme de paillettes ou de poudre blanche soluble dans l’eau. A différencier de la poudre de dolomie, sédiment marin peu assimilé du fait de sa nature (carbonate) mais intéressant pour son apport complémentaire en Calcium.

Le Magnésium marin provenant de l’eau de mer est une association principalement d’oxyde et de chlorure de Magnésium, formes peu assimilables pour l'oxyde de magnésium et acidifiantes dans les deux cas.

 

Commentaire d'Eric Darche.                                                                                                                     

L'on peut associer l'eau de mer en hypertonique avec un jus de légumes (carotte + légumes verts), ce qui permettra d'en équilibrer le pH et d'atténuer le défaut du chlorure de magnésium qui rest,e ne l'oublions pas, d'une biodisponibilité élevée (voir tableaux ci-dessous).

Dans ce cours de micronutrition il est proposé différentes préparations à partir de chlorure de magnésium (sel de nigari, chlorure de magnésium ; cf travaux du Docteur Delbert et Lautié) associé avec des jus de légumes et tisanes. Donc dans ce cas d'espèce, l'on a du magnésium avec un biodisponibilité élevé, mais faiblement acide.                                                                                                                                       

Fin du commentaire d'Eric Darche.

La seule mention « 300 mg de Magnésium » dans un tableau de valeur nutritionnelle ne signifie pas grand-chose précise Anthony Berthou.

 

Par ailleurs et pour les puristes, si la teneur en Magnésium élément n’est pas spécifiée, elle peut être calculée en connaissant le sel utilisé mentionné dans la liste des ingrédients et la teneur en magnésium du dit sel.  

Selon Anthony Berthou, cette précision prend son sens dans la mesure où certains laboratoires (...dans l’état d’esprit « d’embrouiller » l’esprit du consommateur ... ?) mentionnent la teneur en sel de Magnésium et non pas en Magnésium élément.

 

C’est ainsi que certains compléments alimentaires mentionnent parfois des valeurs bien au-delà des quantités maximales autorisées dans le complément alimentaire, correspondant aux quantités de sels et non de minéraux éléments.

Fin du Nota.

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