NOTA. 160      cours 4                                                                                                                         

Potassium (K) Rôles :                                                                                                                                 

Principal cation intracellulaire de l’organisme (98%) grâce à l’ATPase à Na / K dont l’efficacité est renforcée par la décharge postprandiale d’insuline, il est indispensable au fonctionnement cellulaire normal.

Il intervient notamment dans la régulation cardiaque, l’excitabilité neuro-musculaire et l’utilisation des protéines et des glucides. Indispensable à la modulation de l’équilibre hydrique et acido-basique, il entre aussi dans la structure de tous les muscles.

Il joue également un rôle dans la perméabilité de la membrane cellulaire (90% du K + se trouve à l’intérieur des cellules) et participe à la sécrétion de l’aldostérone.

Chez l’adulte, on considère que 2g de K (potassium) par jour sont suffisants, ce qui ne signifie pas qu’il s’agit des apports optimaux.

L’apport réel est d’environ 2,5g de K par jour, ce qui est plus que le minimum et qui peut laisser présager l’absence de symptômes cliniques de carence dans tous les groupes d’âges.

L’apport journalier de potassium dans les pays industrialisés est actuellement 3 à 4 fois plus faible que l’apport auquel nos ancêtres se sont adaptés pendant des millions d’années. Un grand nombre d’études épidémiologiques a montré qu’une telle réduction chronique de l’apport en potassium avait un effet néfaste pour la santé.

En effet, cet apport diminué constitue un facteur aggravant de l’hypertension, des accidents vasculaires cérébraux, l’ostéoporose, des lithiases rénales, des diabètes de type 2 et des morts soudaines d’origine cardiaque.

Une étude écossaise réunissant 12 000 personnes âgées de 40 à 59 ans pendant 8 ans a montré une mortalité toutes causes confondues, diminuée de plus de 50% lorsque la consommation journalière de potassium augmente de 20 à 100 mmoles (0,80g à 4 g) (39).

Plus spécifiquement, de nombreuses études mettant en relation une diminution de la pression artérielle et la consommation en potassium ont été effectuées. Sur 2600 participants, les études d’intervention indiquent que supplémenter l’alimentation en potassium (53mmoles ou 2,10g par jour) diminue la pression systolique dans la population générale.

L’effet est plus marqué chez les hypertendus et chez les personnes ayant un apport alimentaire en sodium supérieur à 165 mmoles/j que chez les normo tendus et chez les personnes ayant un apport alimentaire en sodium inférieur à 140 mmoles/jour (40).

Augmenter l’apport journalier alimentaire en potassium semble réduire non seulement la pression artérielle mais également le besoin de prescription de médicaments antihypertenseurs.

De plus, il est probable que l’effet hypotenseur des régimes riches en fruits et légumes résulte de leur richesse en potassium. Cela a pu être constaté dans une étude rassemblant 450 personnes qui ont suivi le régime DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension).

Celui-ci se caractérise par une consommation accrue de fruits et de légumes élevant l’apport journalier en potassium de 37 à 71mmoles, en plus d’une consommation faible en matière grasse.

Au bout de 8 semaines, les pressions systoliques et diastoliques ont diminué de 5,5 et 3 mm de mercure chez les sujets. Une réduction de 2,8 mm et 1,1 mm de mercure pour les pressions systoliques et diastoliques respectives a été constatée chez les sujets suivant seulement un régime fruits et légumes.

D’autres études prospectives réalisées aux Etats-Unis ont montré une association entre un risque réduit d’accident vasculaire cérébral et un apport élevé en potassium. Comme pour l’hypertension, les régimes riches en fruits et légumes (fournissant d’importantes quantités de sels organiques de potassium) ont été associés à une diminution du risque d’accident cardiovasculaire.

Une étude américaine réalisée chez 45 000 professionnels de santé suivis pendant 8 ans démontre que le risque d’accident vasculaire cérébral est corrélé à l’apport journalier en potassium puisqu’il diminue de 38 % lorsque l’apport en potassium augmente de 60 à 110 mmoles (soit 2,39 à 4,49 g de potassium).

Le potassium aurait également toute son importance dans l’ostéoporose. Cette dernière est définie par une masse osseuse faible et une détérioration de la microarchitecture osseuse conduisant à une fragilité osseuse et une augmentation du risque de fractures.

Le diagnostic est établi par les mesures de densité osseuse (DMO) par absorptiométrie. Cela définit également les groupes à risque. En France, annuellement, on dénombre 50 000 à 150 000 nouveaux cas de fractures vertébrales et 50 000 fractures de l’extrémité supérieure du fémur.

Ces fractures et l’ostéoporose apparaissent lorsque la masse osseuse et l’architecture sont trop amoindries par des pertes minérales et organiques. En effet, le développement de l’ostéoporose semble être lié en partie à la perte urinaire chronique du calcium, que l’on observe fréquemment dans les pays industrialisés et qui est accélérée lors de la ménopause.

En parallèle, l’excès de calcium dans les urines est un facteur de risque important des lithiases rénales. Le potassium a un rôle important par la diminution de l’excrétion urinaire de calcium qu’il provoque.

L’effet bénéfique de l’ion potassium sur le métabolisme osseux a été démontré chez 18 femmes ménopausées ayant absorbé du bicarbonate de potassium pendant trois semaines.

On observe alors une diminution de la résorption et une augmentation de la formation osseuse, tout en diminuant l’excrétion urinaire de calcium.

Les sels organiques de potassium présentent l’avantage d’apporter des anions alcalins, en particulier du bicarbonate, dont les effets bénéfiques sur l’excrétion urinaire de calcium, les calculs rénaux et l’ostéoporose s’additionnent à ceux du potassium.

Une autre étude transversale effectuée sur 1000 femmes non ménopausées a montré que la densité osseuse des épines dorsales et du col du fémur augmente progressivement avec l’apport en potassium.

De plus, il est fortement plausible que le potassium joue un rôle important dans le diabète de type 2. Les études d’observation ont montré qu’un taux sérique plus faible en potassium était associé à un risque accru.

Ces effets bénéfiques reposeraient notamment sur la capacité des ions potassium à moduler directement le transport de glucose dans les cellules et la synthèse et la sécrétion d’insuline au niveau du pancréas.

Des études expérimentales sont alors nécessaires pour clarifier les observations et évaluer si une supplémentation en potassium pourrait être envisagée pour prévenir ou traiter un diabète de type 2.

Au niveau cardiaque, les hypokaliémies augmentent le risque d’arythmie ventriculaire et de mort soudaine en prolongeant la période de repolarisation des cellules musculaires cardiaques (notamment chez les personnes souffrant d’un syndrome du QT long (intervalle entre le début de l’onde Q et la fin de l’onde T à l’électrocardiogramme) innées ou acquises ou bien atteintes d’un infarctus du myocarde, d’une insuffisance cardiaque ou d’une hypertrophie ventriculaire gauche).

La correction de l’hypokaliémie permet de raccourcir la période de repolarisation et de diminuer le risque d’arythmie comme cela a été démontré dans le syndrome du QT long.

Enfin, il est important de noter que le sodium et le potassium ne sont pas des éléments nutritifs indépendants et que le rapport Na/K de l’alimentation dans les pays industrialisés se situe actuellement entre 1,8 et 4,3.

Ce rapport a, selon les populations et les individus, augmenté de 20 à 1000 fois.

Cela a plusieurs conséquences néfastes sur la santé d’après des études épidémiologiques et cliniques. Ainsi, en terme de santé publique, le bénéfice global d’une augmentation en potassium alimentaire pourrait être considérable.

Celle-ci pourrait être envisagée dans la population générale sachant que seule l’insuffisance rénale en phase terminale constitue une contre-indication aux apports en potassium et qu’il faut perdre plus de 90% de la fonction rénale pour élever la kaliémie au-dessus de 5,5 mmoles par litre, valeur à partir de laquelle des risques pour la santé peuvent se manifester (38)(48).

Carences : Elles ne sont pas rares et peuvent être très graves. Elles peuvent être retrouvées chez des personnes hypertendues, en cas de maladies inflammatoires ou de maladies digestives et chez les consommateurs de laxatifs.

Elles se caractérisent par des atteintes digestives (vomissements, nausées), des atteintes de la motricité (douleurs musculaires, crampes, courbatures ou rhumatismes) et/ou des troubles du rythme cardiaque.

Apports conseillés : Ils sont de 4,7g/j chez les adultes. Ils sont couverts par la consommation habituelle de potassium dans nos sociétés occidentales qui se situe entre 2,3g à 5,8 g/jour.

L’alimentation des populations primitives était beaucoup plus riche en potassium. Le sujet en bonne santé peut faire face à de grandes variations des apports sans conséquence clinique alors que le sujet âgé a besoin d’apports réguliers et suffisants pour éviter tout déséquilibre.

Sources alimentaires : le potassium est présent dans tous les aliments et particulièrement dans certains légumes, tels que les épinards, la blette ou la mâche et quelques fruits tels que la banane, les fraises, les abricots ou les dattes.

Le café en poudre soluble a la teneur la plus élevée en potassium (3,6g aux 100g). Les épices (cumin, curry, gingembre ou coriandre) et le poivre en contiennent beaucoup. On le trouve de plus, dans les amandes (728 mg par 100g), les noisettes (680mg par 100g) et les noix (441mg par 100g) (23). La préparation des aliments peut faire perdre beaucoup de K par l’eau de lavage ou de cuisson. (Source Hall archives ouvertes.)                                                               

Fin du Nota.      

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